Lundi 29 octobre 2018

Que reste-t-il quand on pense qu’il ne reste rien ?

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Père Jean Mabundi
Père Jean Mabundi

Ces dernières années et ces derniers mois, l’Église a vécu des situations difficiles, entre autres la révélation des abus sexuels, de pouvoir et de conscience de la part de clercs, de personnes consacrées et de laïcs, provoquant des divisions internes. Le mal se manifeste de différentes façons et la mission d’évangélisation de l’Église devient plus difficile, et même discréditée de par nos connivences …

C’est en ces termes que la conférence des évêques de France, par un communiqué envoyé à tous les diocèses du pays, relayait la demande récente du Pape François à tous les fidèles de faire un plus grand effort dans la prière personnelle et communautaire pour notre Eglise. Dans l’édition d’octobre, nous avions repris les propos de Mgr Denis Moutel, notre évêque, s’exprimant depuis le pèlerinage de Lourdes sur ces plaies ecclésiales.

Ce contexte d’épreuve s’invite dans notre vie de chrétiens et de l’Eglise Catholique, suscitant des interrogations légitimes. « Si un membre souffre, tous les autres souffrent avec lui ». Beaucoup, y compris les catholiques eux-mêmes, demandent parfois pourquoi nous professons une Eglise Sainte dans notre Credo. Ne nous fatiguons pas de l’expliquer. Tout le Christianisme n’est pas à enfermer dans les erreurs de ses membres.

Ce mois de novembre débute par une grande fête de tous les saints du ciel et de la terre. Ces interrogations vont encore surgir, parce que l’Eglise a blessé ses propres enfants, elle n’a pas été à la hauteur de Celui qu’elle représente, le Christ ; parce que les chrétiens déçoivent, parce que leur nombre est en baisse… tout ce qui laisserait penser que la vie chrétienne est dépassée. Pourtant, nous n’avons jamais professé une Eglise parfaite ! L’invitation à la sainteté demeure une exigence au quotidien.

Ce contexte évoqué appelle davantage notre réflexion et notre engagement à progresser en humanité et dans la foi, et à poser des actes humanisants, au service de la société, de tout homme et de tout l’homme.

‘’La vie chrétienne n’est pas de l’ordre d’un concours où le meilleur gagne. Il s’agit de suivre une personne, le Christ, qui nous ouvre l’horizon, en marchant à nos côtés, garantissant à chacun qu’il est aimé de Dieu’’, écrit Chantal Reynier dans le « Comment l’Évangile a changé le monde ». Repenser nos relations à la lumière de l’Évangile nous démarquera de notre monde dans lequel nous devons vivre sans y être insensibles ni étrangers. Par nos œuvres et par notre parole, à la suite du Christ, ‘’annoncer l’évangile est une nécessité qui m’incombe’’, rappelle St Paul à chacun de nous. Les œuvres de la foi complètent les mots de la foi.

Bonne Fête de la Toussaint à Tous !