Mercredi 2 mai 2018

Réflexions sur la Bioéthique Enregistrer au format PDF

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Pour les états généraux de la Bioéthique : La communauté pastorale de Dinan s’est impliquée dans la réflexion sur la bioéthique.

2018 : année de changements importants en matière de bioéthique ? Comme par le passé nous constatons une volonté, poussée par certains lobbies, de faire avancer leurs souhaits (en matière de P.M.A, mères porteuses, euthanasie,…) vers plus de libéralisme dans la conception de la vie humaine et ceci par petites touches successives. Nous notons cependant un point important, la décision du Président de la République d’organiser des « Etats Généraux de la bioéthique » pour consulter l’ensemble de la population et, ainsi, donner plus de légitimité aux choix qu’il va effectuer.

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Explications pour Dinan :

De nombreuses personnes de notre communauté se sont impliquées :

  • En allant à la conférence-débat du professeur Ricot (professeur de philosophie et chargé de cours de bioéthique à l’université) organisée par le diocèse à Saint-Brieuc, (Voir la lettre de Mgr Moutel de mars )
  • Ou en participant à la rencontre débat du comité d’éthique hospitalier organisée à Dinan le 22 mars. Près de 200 personnes, majoritairement aux cheveux grisonnant, ont suivi les exposés des experts (médecins, juristes) sur les évolutions des découvertes scientifiques qui rapidement donnent le vertige. La réunion de Dinan était plus orientée vers la Procréation Médicalement Assistée (P.M.A.) mais le champ de réflexion de ces Etats Généraux est très large car il va de l’évolution des techniques médicales (P.M.A, G.P.A permettant de faire des tris ou des modifications génétiques sur les embryons) jusqu’au traitement à très grande échelle des données personnelles de chacun (médicales et autres) stockées sur des supports numériques (Big Data). L’événement a été bien couvert par les médias nationaux puisque Nicolas Legendre, pour « Le Monde » du 31 mars, et Jean-Marie Dumont, pour « Famille Chrétienne » du 7 avril en ont fait état.
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Extraits d’articles :

Nous reprenons ci-dessous des extraits de leurs articles en indiquant chaque auteur par ses initiales.
-* JM-Dumont : Maître Amaury Gaultier, avocat au barreau de Saint-Malo, formule un certain nombre de questions sous-jacentes : doit-on continuer à faire prévaloir l’intérêt suprême de l’enfant ou créer un droit à l’enfant ? Faut-il institutionnaliser l’absence de père ? Va-t-on vers une marchandisation des gamètes ? Évoquant « l’écologie humaine », il conclut : « J’ai l’impression qu’on joue parfois aux apprentis sorciers. »
-* N-Legendre : Les participants témoignent de leur expérience personnelle, formulent des interrogations et/ou expriment leur point de vue. Dans le calme, sans invective ni haussement de voix. Science, politique et philosophie s’entremêlent. Les propos font état d’une connaissance précise des enjeux.
« Dilemme » : Les approches sont diverses, notamment sur la possibilité, pour les couples de femmes, d’avoir accès à la P.M.A. Mais une thématique apparaît comme un fil rouge : le lien entre progrès technique et progrès éthique ou moral Une femme évoque le risque actuel, à ses yeux, de « chosification de l’individu »… Et l’un de ses voisins de renchérir : « Ce projet de société, il faut quand même lui donner un nom, parce que ça va aboutir d’ici à quelque temps : ça s’appelle le transhumanisme. C’est un type de société que personne ne devrait souhaiter. »
-* N-Legendre : À rebours, un retraité… : « les jeunes sont très peu représentés et sont pourtant les plus concernés. La société et la famille évoluent. On peut être décontenancés par cette rapidité, il n’empêche qu’on va être obligés de s’y faire parce que c’est la société dans laquelle nos enfants vont évoluer, je pense qu’il faut éviter d’avoir peur. » Applaudissements. Les seuls de la soirée…. Le financement d’une éventuelle ouverture de la P.M.A. aux couples de femmes fait aussi débat. « Le système de soins dans son ensemble doit-il être mobilisé pour répondre à des demandes non médicales d’assistance à la procréation ? » s’interroge un médecin. « Personnellement, je répondrais non. » Une femme de 35 ans, également médecin, évoque son cas personnel. Hétérosexuelle, elle a dû, pour des raisons de santé, avoir recours à un don d’ovocytes. Un don qu’elle a attendu longtemps. Submergée par l’émotion, elle raconte un « dilemme » entre la compréhension du « désir d’enfant » des femmes homosexuelles et la « pénurie de dons » entraînant un temps d’attente qu’elle a eu à subir elle-même. « Si on ouvre le don aux problèmes non médicaux, comment va-t-on faire pour attendre encore plus longtemps ? », s’exclame-t-elle dans un sanglot.
-* JM-Dumont : Établissant une comparaison avec les techniques de sélection employées sur les embryons animaux, un éleveur s’inquiète, en citant Jacques Testart (1), de la fabrication d’enfants sur mesure. « Je crains que, sur ces questions de société, on aille beaucoup trop loin », confie un homme avec une tonalité plus philosophique.

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Conclusion temporaire :

Le débat a soulevé de nombreuses questions éthiques (pour des raisons de place les évolutions techniques n’ont pas été développées ici). La décision appartient au monde politique, il nous revient, à l’Eglise et aux chrétiens, « d’éclairer le discernement » (2). Dans ces quelques lignes nous n’avons abordé qu’une partie des problèmes soulevés, pour en débattre il nous faut nous former, car ce qui nous paraît évident demande à être explicité à beaucoup de nos concitoyens, et ainsi pouvoir être des témoins de l’Evangile.

Le Rapporteur : René Aribart

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(1) Père du premier bébé éprouvette français. (2) Mgr D’Ornellas