Aumôniers de l’Hôpital Enregistrer au format PDF

Mardi 21 janvier 2020
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Pascale PINAT et Dominique REPAIN ont accepté de témoigner de leur mission d’aumôniers au sein des sites de l’hôpital de Dinan. (témoignages reçus par « Le Lien » et diffusés ici avec son accord))

Anne et Dominique-* Pascale : Aumônier depuis février 2012, mère de 4 enfants et grand-mère de 3 petits-enfants, j’habite Lanvallay. Je suis membre de l’association Jeanne Jugan depuis de nombreuses années.

  • Dominique : Âgé de 62 ans, marié, père de 9 enfants et grand-père de 13 petits enfants, jeune retraité je suis arrivé à Pleslin Trigavou il y a 4 ans. Je suis bénévole à la société St Vincent de Paul et hospitalier du Rosaire à Lourdes. Je suis aumônier depuis avril 2018. Cette mission a vraiment été une surprise et un cadeau du Seigneur ; en effet, alors que je cherchais du travail pour mon plus jeune fils, une petite annonce de poste d’aumônier à l’hôpital de Dinan a provoqué chez moi un déclic, cela répondait providentiellement à ma recherche et mon intérêt de donner de mon temps pour les personnes en souffrance.

*« Le Lien » : C’est une mission d’Eglise qui ne s’improvise pas ?

  • Dominique : C’est avant tout un appel, un apostolat auquel notre parcours de vie, nos convictions nous ont un peu préparés. Si nous n’avons pas cet appel spécifique, cela ne peut pas convenir. Il faut une certaine solidité humaine, psychologique et affective.

J’ai été très marqué par la remise de ma lettre de mission au cours d’une messe paroissiale, c’était important pour moi de la vivre au sein de la communauté paroissiale de Dinan.

  • Pascale : Il faut une vie spirituelle nourrie, une attention à l’autre, une certaine compassion, un accueil du souffrant et une formation spécifique.
  • Dominique : La loi nous impose une formation bac+3, un diplôme universitaire que nous préparons à la catho d’Angers pendant 18 mois avec un mémoire à rédiger.
  • Pascale : Nous avons aussi des formations diocésaines, une vie d’équipe d’aumôniers diocésains qui allient des temps de partage, des temps de parole et de relecture et des temps de ressourcement spirituel.

*« Le Lien » : Pouvez-vous nous en dire plus sur la façon dont vous travaillez ?

  • Dominique : Nous intervenons sur l’hôpital René Pleven, les Ehpad des Malorines, Maurice Peigné et du Jardin Anglais. C’est avant tout un travail d’équipe : nous sommes tous les deux à mi-temps, avec trente bénévoles très fidèles et très investis. Trois nouvelles bénévoles nous ont rejoints en septembre. Et rien ne serait possible sans la présence fraternelle du Père Emmanuel, notre prêtre accompagnateur.
  • Pascale : La présence et la disponibilité du Père Emmanuel est une grâce pour nous, nous nous voyons tous les trois le mercredi matin. Nous prions ensemble, préparons les célébrations qui ont lieu chaque semaine dans les différents pôles. Nous faisons une relecture pastorale de la semaine précédente. Trois mercredis par mois, nous célébrons l’Eucharistie à la chapelle avec les bénévoles de l’hôpital. Une fois par trimestre, nous nous réunissons à l’Ehpad Maurice Peigné avec tous nos bénévoles pour une partie thématique avec un intervenant sur un sujet sociologique ou spirituel ou sur la vie spécifique au monde hospitalier. Au pique-nique nous invitons les animateurs des Ehpad, les religieuses présentes sur la paroisse, l’aumônerie de l’hôpital St Jean de Dieu et nous terminons par une Eucharistie avec les résidents.
  • Dominique : Nous avons une très bonne relation avec la Direction de l’hôpital que nous rencontrons chaque année pour notre rapport d’activités. Les soignants nous réservent toujours un bon accueil et ils sont très attentifs à notre présence et coopératifs. Tous nos collègues aumôniers n’ont pas cette chance. Nos visites aux patients et aux résidents dans leur chambre se fait dans le plus grand respect de leurs libertés de conscience et religieuse ainsi que celles de leurs familles ; la plupart du temps, nous sommes bien accueillis et les refus sont exprimés de façon polie et cordiale.
  • Pascale : Le dimanche matin, nous portons, avec nos bénévoles, la communion aux malades qui l’ont souhaitée. Hier, ils étaient 20 ; cette année 2019, nous avons eu plus 500 demandes de communion et le Père Emmanuel a célébré plus de cent sacrements des malades, il est toujours très disponible.

*« Le Lien » : Faut-il des qualités particulières pour être aumônier ?

  • Pascale : Avant tout il faut être discret, humble avec une grande capacité d’écoute et une disponibilité de cœur. Il faut aussi nourrir notre mission tant au niveau humain que spirituel.
  • Dominique : C’est une belle mission qui me rend heureux !! Chaque visite est une surprise, nous ne sommes que des messagers, des passeurs.

*« Le Lien » : Quelles difficultés rencontrez-vous ?

  • Dominique : se donner des limites pour ne pas se laisser manger par cette mission qui remplit très vite notre mi-temps. Garder une juste distance face aux patients tout en accueillant pleinement leur souffrance et leur détresse.

Par ailleurs, nous sommes encore trop souvent cantonnés dans le domaine du religieux et du cultuel et nous souhaiterions être plus présents dans le domaine plus général du spirituel qui touche plus aux questionnements existentiels comme par exemple le sens de la vie, le sens de la souffrance.

  • Pascale : Ce qui est difficile à vivre pour moi, c’est quand un patient est croyant et que la famille fait barrière et ne suit pas ses convictions. La famille ne se rend pas compte qu’elle provoque (ou que cela provoque) une souffrance chez leur proche.

Je garde en mémoire d’avoir accompagné un ami de mes enfants âgé de 30 ans très diminué par la maladie et qui souffrait beaucoup. Il y a des personnes et des événements que l’on n’oublie pas. Nous sommes souvent appelés au dernier moment sans avoir eu le temps de créer une relation, un compagnonnage avec le malade et parfois avec leur famille. Quelquefois, nous entendons leur blessure vis-à-vis de l’Eglise et il m’arrive de leur demander pardon au nom de l’Eglise.

*« Le Lien » : Quel message avez-vous envie de laisser aux lecteurs ?

  • Dominique : Nous sommes heureux dans notre mission, heureux de notre vie d’équipe, nous arrivons heureux, nous repartons heureux. Nous sommes dans un lieu d’évangélisation, de compassion, de miséricorde comme nous le demande le Pape François. Dans l’accompagnement de fin de vie j’ai souvent moi-même été évangélisé par certaines personnes.
  • Pascale : les personnes se confient comme si nous étions des amis, ils nous font confiance, ils font confiance à l’institution, et nous nous laissons guider par l’Esprit-Saint. Nous visitons des personnes pas une maladie ni une vieillesse. L’hôpital est une petite paroisse, à part entière, au milieu de ce monde.

Nous sommes là pour la Vie. « Rajouter de la vie au temps et non du temps à la vie »

*« Le Lien » : Merci Pascale et Dominique pour ce témoignage de Vie, à nous de faire connaître à nos proches et nos amis l’existence de l’aumônerie et les encourager à vous solliciter.