Eglise de Plélan-le-Petit Enregistrer au format PDF

Saint-Pierre-es-Liens
Mercredi 10 juillet 2019 — Dernier ajout jeudi 11 juillet 2019
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Quand on évoque saint Pierre, on pense d’abord à Simon, le premier disciple à reconnaître Jésus comme le Messie, le Christ, et surnommé par celui-ci « Pierre », chef de l’Eglise. Privilège rare accordé par l’Eglise à ses saints, Pierre était jusqu’en 1960, comme Jean-Baptiste encore aujourd’hui, fêté deux fois : les 29 juin comme apôtre martyr (fêté avec saint Paul) et 1er août pour sa délivrance miraculeuse de prison, sous le vocable saint Pierre es liens, à qui se réfère Plélan, ainsi que de nombreuses paroisses dans le monde.

Nous sommes en 43, soit une dizaine d’années après la mort et la résurrection de Jésus, sous le règne d’Hérode Agrippa, roi des Juifs, petit-fils d’Hérode le Grand. Alors que la communauté chrétienne ne cesse de grandir, atteignant plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la région, Hérode Agrippa se laisse influencer au cours de son règne par le parti des pharisiens, et c’est pour leur faire plaisir qu’il fit décapiter peut de temps auparavant, l’apôtre Jacques le Majeur, évêque de Jérusalem (et frère aîné de saint Jean l’Evangéliste). Continuant sur sa lancée, il donne l’ordre d’arrêter Pierre. Pour contenter la foule hostile aux disciples de Jésus, il avait pour dessein, après un jugement rapide, de le faire exécuter publiquement juste après la fête de Pâque. Redoutant sans doute une émeute, car le « parti chrétien » grandissait, il le fit garder par une quinzaine de soldats, avec les membres enchaînés. Ce fut sans doute la stupeur chez les nombreux disciples à Jérusalem et dans toute la contrée, car beaucoup se rassemblèrent pour prier avec ferveur… et le Seigneur entendit leur prière !

Le Seigneur a envoyé son ange

saint_pierre
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Saint Luc nous raconte la scène dans les Actes au chapitre 12 : « Hérode allait le faire comparaître. Or, Pierre dormait, cette nuit-là, entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et des gardes étaient en faction devant la porte de la prison. Et voici que survint l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit : « Lève-toi vite. » Les chaînes lui tombèrent des mains. Alors l’ange lui dit : « Mets ta ceinture et chausse tes sandales. » Ce que fit Pierre. L’ange ajouta : « Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi. » Pierre sortit derrière lui, mais il ne savait pas que tout ce qui arrivait grâce à l’ange était bien réel ; il pensait qu’il avait une vision. Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent au portail de fer donnant sur la ville. Celui-ci s’ouvrit tout seul devant eux. Une fois dehors, ils s’engagèrent dans une rue, et aussitôt l’ange le quitta. Alors, se reprenant, Pierre dit : « Vraiment, je me rends compte maintenant que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a arraché aux mains d’Hérode et à tout ce qu’attendait le peuple juif. » S’étant repéré, il se rendit à la maison de Marie, la mère de Jean surnommé Marc, où se trouvaient rassemblées un certain nombre de personnes qui priaient. Il frappa au battant du portail : une jeune servante nommée Rhodè s’approcha pour écouter. Elle reconnut la voix de Pierre et, dans sa joie, au lieu d’ouvrir la porte, elle rentra en courant annoncer que Pierre était là, devant le portail. On lui dit : « Tu délires ! » Mais elle soutenait qu’il en était bien ainsi. Et eux disaient : « C’est son ange. » Cependant Pierre continuait à frapper ; ayant ouvert, ils le virent et furent dans la stupéfaction. D’un geste de la main, il leur demanda le silence et leur raconta comment le Seigneur l’avait fait sortir de la prison.

C’est ainsi qu’une immense joie s’empara des chrétiens de Jérusalem, les confortant dans leur foi en la présence à leur côté du Christ Sauveur. Au cours des siècles qui suivirent, les chaînes de saint Pierre (prisonnier à Jérusalem puis à Rome) feront l’objet d’une vénération qui donnera naissance à la Basilique Saint-Pierre-aux-Liens de Rome en 440, qui les conservent jusqu’à ce jour.■