Eglise de Saint-Maudez Enregistrer au format PDF

Petite visite
Lundi 3 décembre 2018
0 vote

En arrivant à Saint-Maudez, nous sommes saisis par l’harmonie de l’enclos paroissial comprenant l’église avec son pignon latéral percé d’une jolie baie et son clocher de pierre, ayant pour voisinage l’if millénaire, mais aussi la statue en granit de saint Maudez avec sa crosse d’abbé, ensemble dominé par l’ancien calvaire des Templiers. Maudez est un des premiers évangélisateurs de la Bretagne, né vers l’an 500 (époque de Clovis) en Irlande. Il terminera sa vie comme ermite sur une petite île près de Bréhat. Jusqu’à la Révolution, Saint-Maudez est un prieuré dépendant de l’abbaye de Beaulieu (Languédias), remontant à 1200 environ. L’église est reconstruite vers 1775, puis modifiée aux XIXe et début du XXe siècles.

Retable baroque

Si nous pénétrons dans l’église par la tour-clocher, notre regard est d’emblée attiré par le retable du XVIIIe sous une voûte bleu ciel. Ce décor en bois peint imitant le marbre forme un ensemble coloré, d’inspiration baroque avec colonnes, frontons, coquilles Saint Jacques, volutes, dorures… Une véritable catéchèse en images ! La composition du panneau central part de l’autel, orné de l’agneau immolé rappelant le sacrifice du Christ, d’où s’élève le tabernacle surmonté d’un baldaquin, désigné par les lettres d’or JHS (Jésus Sauveur des Hommes en latin), puis tout en haut la Vierge Marie avec l’enfant Jésus qui nous adresse son regard maternel, l’ensemble étant couronné d’un fronton triangulaire.

De chaque côté se tiennent les statues de saint Maudez et saint Malo, grands évangélisateurs du pays breton, encadrées de colonnes et surmontées de frontons arrondis, ornés chacun d’un cœur sur un fond de soleil de gloire : le cœur de Jésus (enserré par une couronne d’épines) au-dessus de Maudez et le cœur de Marie (transpercé par un glaive) pour Malo, exprimant ainsi l’immense amour de Dieu pour les hommes. Deux chapelles latérales entourent le chœur, l’une ayant pour thème le rosaire et l’autre l’ange gardien.

Avant de sortir, admirons dans la tourelle la très belle crucifixion du XVe (provenant d’un ancien calvaire), où l’on voit Jésus recevoir un coup de lance d’un soldat, tandis qu’un autre lui tend une éponge de vinaigre, devant Marie et Jean.

Un calvaire unique

La visite se termine par un regard admiratif sur ce grand calvaire des Templiers, modèle unique dans la région. Au-dessus de la table soutenue par 4 colonnettes, dans laquelle s’engage la croix, vous remarquez un cylindre de pierre très ouvragé qui comprend des personnages agenouillés et priant : on compte 4 chevaliers (épée sur le côté), 3 frères (avec une cape), et 2 dignitaires (manteau sans capuche qui pouvaient être un sénéchal, un commandeur de maisons…). Les templiers étaient un peu comme des moines soldats (habillés d’une bure, cheveux coupés ras…). Ils faisaient trois vœux plus un : pauvreté, chasteté (ils étaient célibataires), obéissance, ainsi que celui de garder les chemins des pèlerins (notamment en Terre Sainte).

CALVAIRE ST MAUDEZ