L’église de Vildé-Guingalan Enregistrer au format PDF

Lundi 13 mai 2019
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Vildé, Villa Dei, ville Dieu… Vildé nous parle de Dieu ! Comme à Saint-Maudez, les Templiers ont été présents ici, dépendant de la commanderie de La Nouée (Yvignac-La-Tour) dont il reste encore une chapelle. Ils avaient à Vildé un petit monastère (commanderie) avec une chapelle, et un domaine agricole qu’ils s’occupaient de faire fructifier. Après leur disparition du royaume sous Philippe Le Bel (vers 1310), les Hospitaliers de saint Jean de Jérusalem (qu’on appelle aujourd’hui l’Ordre de Malte) prirent la suite. Cependant la vie paroissiale de Vildé était dirigée par un moine-curé relevant de l’abbaye de Beaulieu (Languédias), comme les anciennes paroisses alentour.

Et Guingalan ? Ce saint Breton était sans doute représenté sous forme de statue, avant le pillage de l’église pendant la Révolution. Guingalan viendrait de Wincalon, « beau cœur », moine en 833 à Redon, et sans doute le premier saint patron de l’église, auquel a succédé Jean le Baptiste. Visitons l’église de Vildé-Guingalan

L'église -  voir en grand cette image
L’église

Faisant suite à une chapelle, cette église nouvelle a été bâtie en deux fois : en 1823 pour la tour-clocher et 1868 pour la nef. Dans une période relativement proche, le cimetière entourait l’église comme c’était l’usage, que dominait une belle et grande croix ancienne sur socle, pour partie XVIIè ; celle-ci a été transférée dans le nouveau cimetière, puis a hélas récemment disparu.

Entrons … Nous sommes surpris très agréablement par la belle armature de pierres et de bois peint restaurée depuis peu, percée de fenêtres dont les vitraux, ornés de végétaux, laissent passer généreusement la lumière, créant un espace à la fois chaleureux, lumineux et priant.

Autel et son Retable  -  voir en grand cette image
Autel et son Retable

Nous arrivons naturellement devant l’autel et son retable, dont la façade fait penser à celle d’une basilique miniature de la deuxième moitié du XIXè par sa richesse décorative, avec ses tours lanternes, ses colonnes et pilastres, ses frontons dont l’un surplombe le tabernacle, orné de 3 têtes d’ange, et le second supérieur sur lequel apparaît le symbole de la Trinité, soit un triangle d’où part un rayonnement qu’on appelle aussi gloire. Le retable repose sur l’autel, lui-même orné des quatre évangélistes, identifiables à partir de leur attribut personnel sis à leurs pieds (aigle, ange ou homme, lion, taureau).

Les autels des chapelles latérales sont dotés d’une caractéristique particulière et originale : à mi-hauteur, au-dessus du tabernacle, apparaît comme une forteresse crénelée agrémentée de 4 tours – serait-ce la nouvelle cité de Jérusalem figurée ici, où l’on pénètre par la porte du tabernacle, introduit par Jésus- Hostie ? « Et la ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu » Ap 21,2.

A noter le bas-relief de l’autel de la Vierge : le tableau représente l’apparition de la Marie à Bernadette.

Cuve baptismale -  voir en grand cette image
Cuve baptismale

Avant de sortir, remarquez la cuve baptismale très ancienne, de forme octogonale, figurant ainsi les sept jours de la Création, plus le jour de la Résurrection.

Le vieux Pont -  voir en grand cette image
Le vieux Pont

Et aussi… Le saviez-vous ? Le vieux pont que l’on entrevoit du lavoir était l’objet d’un péage (octroi) vraisemblablement sur les marchandises entrant dans le bourg, que prélevait l’abbaye de Beaulieu.

M. de la Crochais