Mon temps de confinement Enregistrer au format PDF

Jeudi 11 juin 2020
0 vote

Témoignage recueilli par « Le Lien » du mois de juin et diffusé sur le site avec son accord.

Depuis le 17 mars je vis comme les Français un confinement inédit au presbytère Saint-Sauveur de Dinan. Voilà comment je me suis occupé :

Sur le plan relationnel : Je me suis senti isolé les premiers jours, parce que loin de mes amis, mes collaborateurs et mes paroissiens. J’ai alors multiplié les communications téléphoniques. Là aussi, je n’ai pas pu avoir les nouvelles de tous, faute de contact. J’espère les retrouver bientôt en parfaite santé.

Sur le plan spirituel et liturgique, une grande partie de mon temps de confinement est consacré à la prière, la lecture, la méditation et le salut au saint sacrement. Il faut ajouter à tout cela, la célébration eucharistique quotidienne. Certes, cela fait partie de la vie des prêtres mais en ce temps de confinement, je l’ai vécue d’une façon particulière parce que je ne suis pas contraint par le temps.

Avec Jean Luc et Marie Jeanne DRAPEAU, de lundi au samedi, à 18 h 30, nous chantons (bien évidemment avec les voix que vous connaissez) les vêpres suivies de la messe. La messe du dimanches a lieu soit à 10 h 30 à l’église Saint-Malo, soit à 9 h à saint Sauveur.

Sur le plan sportif et récréatif, j’ai mis à profit les 60 mn accordée pour les déplacements brefs, afin de faire mon sport. Par ailleurs, avec le confinement j’ai visionné un nombre important de films chrétiens.

Au Niveau pastoral, j’ai présidé des obsèques dans les paroisses de Dinan, d’Evran et de Saint-Samson. La préparation et la célébration de ces obsèques avec la famille réduite étaient très émouvantes. Et j’ai pris conscience que non seulement le Covid 19 tue mais aussi il empêche les vivants de participer convenablement aux obsèques de leurs morts. Et je me suis demandé : Où est donc la puissance de l’homme ? Où se trouve la science dont l’homme moderne se glorifie ? Et j’ai conclu que le psalmiste avait raison de dire : « Si le Seigneur ne garde la cité, le gardien a perdu ses veilles. » (Ps 126, 1) ou encore « L’homme de terre, ses jours sont comme l’herbe, il donne sa fleur, comme la fleur des champs. Qu’un souffle passe sur lui, il n’est plus, son coin de terre ne le reverra plus. Mais la grâce du Seigneur, depuis toujours et pour toujours est sur ceux qui le craignent… » (Ps 103,15-17)

Le chrétien découvre dans ces Psaumes de nombreuses résonances en ce temps de confinement : • Dieu est présent puisqu’il sait que nous sommes poussière, mais aussi parce qu’il a voulu faire l’expérience de la condition humaine, y compris la souffrance et la mort. Je crois qu’il entend notre cri en ce moment. • Sa miséricorde s’est faite visible dans le sacrifice de la croix : • Tout le bien qui nous est venu par le Christ va très au delà de ce que le psalmiste espérait. En fait, la vérité de l’évangile et la grâce de la rédemption nous conduisent à la vie éternelle.

Pour finir je dirai que le temps de confinement a été intensément vécu. Il m’a permis de me ressourcer à travers la lecture.

Père Aimé Ouattara