Quand la Maison brûle ! Enregistrer au format PDF

Lundi 1er avril 2019 — Dernier ajout jeudi 28 mars 2019
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Quand une maison brûle, on ne passe pas son temps à analyser la couleur du feu, on prend les moyens de l’éteindre ! Convocation des présidents des conférences épiscopales du monde entier en février dernier, pour un sommet sur la protection des mineurs. Scandale de l’Eglise ! Un documentaire consternant : abus sexuels perpétrés dans l’Eglise… Condamnation le 7 mars à six mois de prison avec sursis du Cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, pour non-dénonciation d’actes de pédophilie. Appel fait par le cardinal, mais également par le procureur de la République et le parquet de Lyon. Mise "en retrait pour quelque temps" de son diocèse, en attendant la fin du procès.

Notre évêque, Mgr Denis Moutel, déplore : “ Il y a tant de révélations qui nous arrivent chaque semaine sur des crimes et délits commis par des membres de l’Eglise et cela nous donne de la honte, du dégoût et peut nous décourager… Il faut d’abord penser aux victimes de ces gestes et faire tout ce qui est possible pour servir leur parole, leur liberté et leur reconstruction ”. Comme Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, qui ne cache pas son trouble : “Je n’imaginais pas à quel point il y a de la pourriture au sein de notre Eglise catholique ”.

Oui, notre Eglise est suffisamment secouée et la tentation est grande de perdre confiance… En leur temps, les gens de Jérusalem, en exil, se sont dit : nous (les gens de Jérusalem), nous sommes anéantis, nous ferions peut-être mieux de nous tourner vers les dieux des vainqueurs, les Babyloniens en l’occurrence. Eux au moins, ils ont des dieux efficaces ! (Isaïe 55)

Notre évêque réagit, en partageant les convictions de son frère évêque de Reims, Mgr Éric Moulins-Beaufort. Présidant la célébration diocésaine de l’Appel décisif des Catéchumènes, il leur dit : “… vous vivez ce pas décisif au moment où notre Eglise est dans la tourmente ; vous vous approchez quand d’autres auraient peut-être envie de s’en aller. Dieu n’abandonne pas son Eglise, au contraire, il travaille à la purifier… Il nous donne la possibilité de nous dégager de la gangue d’ambiguïtés et d’aveuglements… Mais pour cela, il nous faut plus de décentrement de nous-mêmes, plus de sens du service, plus de conscience que le seul Maître digne de l’être humain est Dieu lui-même, venu en notre chair en Jésus de Nazareth.’’

L’invitation, c’est d’aller de l’avant, de nous sortir de l’enlisement et de ne pas nous installer définitivement dans le bourbier. “Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme malfaisant, ses pensées. Qu’il retourne vers le Seigneur notre Dieu qui pardonne abondamment.’’ (Isaïe 55).

Le Christ, Tête de cette Eglise, transfigure les blessés de la vie, les rejetés de la société, les pécheurs et les transgresseurs. Au contact avec le Seigneur, ces gens reprennent goût à la vie. C’est l’histoire du lépreux chassé hors de la ville, de la Samaritaine qui vit avec son sixième mari, de Zachée le publicain, de Marie Madeleine « la pécheresse », de la prostituée dans la maison de Simon le pharisien, de la femme adultère condamnée à être lapidée, de Pierre qui avait affirmé ne pas connaître Jésus, du voleur sur la croix, etc.

Et, à travers les siècles, des milliers de personnes, entrant en contact avec le Christ, apprendront à donner un sens nouveau à leur existence. Il s’agit de véritables renaissances dont nous avons besoin.

Voici le carême, un chemin de conversion, une marche vers Pâques, vers la Résurrection. Voici une semaine – du 31 mars au 7 avril – temps de fraternité et de retour à l’essentiel.

Bonne route vers Pâques !

Jean Mabundi