Thomas : cette grande figure pour les croyants. Enregistrer au format PDF

Samedi 25 avril 2020 — Dernier ajout mercredi 1er juillet 2020
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L’évangile de dimanche passé nous a renseignés comment 1’Eglise primitive, par la catéchèse, car il s’agissait d’une catéchèse, a aidé ceux qui doutaient en la résurrection à cheminer vers la foi en Jésus ressuscité. Nous avons noté la place centrale de la communauté, celle des Apôtre, dans une telle démarche. Entre Thomas et Jésus Ressuscité, il y a eu cette communauté des Apôtres.

« Thomas », Didyme ou jumeau, traduisez l’indécis, une personnalité ambiguë, vague, floue, hésitante, demeure une figure à exploiter pour décrire une situation à double facette, contradictoire ou à rebondissement. Rappelez-vous, c’était dans le confinement, un peu comme nous aujourd’hui.

Thomas est celui qui porte de multiples doutes, hésitations, contradictions et de multiples questions qui se sont posées et qui se posent encore dans nos communautés croyantes. Sa figure prend une valeur typologique. Dire que l’un des douze apôtres a douté de la résurrection, c’est montrer que cette question n’épargne aucune catégorie, fût-elle celle des Apôtres, eux qui ont mangé et bu avec Jésus. C’est la question d’une fidélité trahie ou d’une fidélité défaillante.

Dès lors, plusieurs leçons se dégagent, entre autres :

  • Il est légitime de douter et de s’interroger, quand c’est pour mieux croire. Une foi toute quiète peut devenir dangereuse et frôler à une sorte de fondamentalisme et de fanatisme. Nous avons le devoir de vigilance à ce niveau.
  • St Jean accorde une grande importance à la médiation. C’est de Marie de Magdala que Pierre et Jean, notez bien, Apôtres, reçoivent la première annonce de la résurrection. C’est par le truchement de ses compagnons (apôtres) que Thomas lui aussi reçoit l’annonce de la résurrection.

C’est au sein de la communauté qu’ils formaient que, pendant 8 jours, Thomas sera repris par ses condisciples pour cheminer dans la quête de la vérité de la résurrection. La communauté est ici un précieux appui pour adhérer à la vérité de la foi. En dehors, on est vite livré à la merci des marchands du religieux. C’est au sein de la communauté que Thomas a trouvé secours dans sa faiblesse.

Chère Communauté, nous sentons-nous toujours la mission et le devoir moral de venir au secours des faibles dans la foi ? Ou est-ce que nous ne voulons pas nous mêler de la vie d’autrui ? Faisons-nous toujours attention, afin d’assurer une catéchèse soignée à ceux qui sont en recherche ? Un bel accueil dans nos églises, dans nos aumôneries, dans nos mouvements, une liturgie soignée et adaptée, des rencontres et des célébrations dans nos établissements scolaires, et enfin l’activité catéchétique proprement menée en paroisse ou à l’école … tout cela est très important pour que le nom de Dieu soit dit.

  • Le rôle de toute communauté, c’est d’aider chacun à se laisser transformer par la rencontre avec son Seigneur, à professer sa foi et à s’impliquer personnellement par le témoignage. Arriver à parler de Jésus à la première personne : ‘’mon Seigneur et mon Dieu’’, comme Thomas l’a proclamé, voilà une Belle Profession de Foi.
  • « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jn 20, 29). C’est la conclusion de l’évangile de Jean, si con considère que le 21 ème chapitre qui suit est un ajout. La béatitude nous invite à dépasser le simple voir, à nous méfier du spectacle, à aller à l’essentiel …

Destinataires de l’évangile, nous qui n’avons pas vu, qui avons plutôt reçu le témoignage des Apôtres, sommes-nous heureux d’adhérer à ce grand mystère ?

Christ est vraiment Ressuscité ! Alléluia !

Jean Mabundi